couleur locale, palette intime

Publié le par Marie

A nouveau une déclinaison de la couleur locale contrastant avec les propos de Balzac que j’ai transcrits dans une communication précédente. Méditons à présent sur ce passage de Julien Gracq tiré de En lisant, en écrivant.

« In ne suffit pas qu’un roman soit porté par la chaleur d’une émotion sincère, il faut que cette émotion sache ranimer les images élues, emmagasinées et sommeillantes, toute cette iconographie intime, secrète qui représente –elle seule et non les documents-les petits faits divers collectionnés à l’extérieur- les réelles archives dont un romancier étosse ses livres. Le mauvais romancier – je veux dire le romancier habile et indifférent-  est celui qui essaie de faire vivre, d’animer de l’extérieur, et en somme loyalement, la couleur locale qui lui paraît propre à un sujet, lequel il a jugé ingénieux ou pittoresque, le vrai est celui qui triche, qui demande au sujet avant tout et par des voies obliques et imprévues, de lui rouvrir une fois de plus l’accès de sa palette intime, sachant trop bien qu’en fait de couleur locale, la seule qui puisse faire impression, c’est la sienne."

 

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Publié dans arts_litterature

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