digression : le livre des oeuvres divines de Hildegarde de Bingen

Publié le par Marie

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Lucques, Biblioteca Statale, Codex Latinum

 

"…tu vois comme une roue d’une merveilleuse ampleur, ressemblant à un nuage blanc et tournée vers l’orient…

La partie supérieure de la moitié de cette roue du côté gauche jusqu’à son milieu émet comme une couleur verte ; c’est que Dieu, quand il mit au travail les créatures selon leurs formes comme il les avait connues d’avance, les contenait pour ainsi dire dans la viridité de sa volonté. Et du côté droit jusqu’à son milieu, elle resplendit comme teinte de rouge, c’est parce que Dieu après la fin du monde, améliorant tout ce qui du monde transitoire doit élevé à la vie, et donnat aux âmes des fidèles la récompense de leur éclatante peines, ne permet pas qu’aucune souffrance ni aucune défaillance domine sur eux. Ces deux couleurs sont divisées entre elles par un espace de mesure égale, parce que, comme l’éternité n’a pas de commencement à l’origine du monde, de même elle n’a pas de fin non plus quand le monde finit, mais le début et la fin du monde s’enchaînent comme dans un cercle qui les relie.

Quant à la moitié de cette roue qui est placée sous la ligne transversale déjà mentionnée, elle présente une couleur livide mêlée quelque peu de noir ; elle désigne les temps caducs des choses du monde qui ont un début et une fin, temps dominés par l’eternité perpétuelle qui ne connaît pas de fin : le monde tant qu’il dure porte souvent avec rigueur tantôt la paleur des angoisses, tantôt la noirceur des tribulations. »


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Publié dans arts_litterature

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